Décembre : Connaitres le fonctionnement des Directives Anticipées
La vie, la mort, le choix, la liberté… Autant de sujets essentiels, mais souvent difficiles à aborder. La fin de vie reste encore largement taboue dans notre société, alors même qu’elle concerne chacun d’entre nous. Anticiper ces questions ne signifie pas renoncer à vivre ni céder à la peur, mais au contraire affirmer ses valeurs, ses priorités et sa liberté de décision.
C’est précisément l’objectif des directives anticipées : et c’est en écoutant notre émission sur ce sujet que vous pouvez en apprendre plus !
Et si vous cherchez déjà à rédiger vos directives anticipées, la CPTS des Bauges a créé un formulaire modèle pour vous faciliter la tache, disponible dans les différents lieux de soins des Bauges.
Les directives anticipées : de quoi s’agit-il concrètement ?
Les directives anticipées sont un document écrit, daté et signé, rédigé par une personne majeure. Elles permettent d’indiquer les soins médicaux que l’on souhaite accepter, refuser, limiter ou arrêter dans certaines situations médicales graves, par exemple :
coma ou perte de conscience prolongée,
troubles cognitifs profonds,
accident grave,
évolution d’une maladie chronique ou grave,
grand âge avec perte d’autonomie importante.
Dans ce document, il est possible de préciser ses choix concernant :
la réanimation cardiaque ou respiratoire,
la ventilation artificielle (aide à la respiration),
la dialyse,
certaines interventions chirurgicales,
l’alimentation et l’hydratation artificielles,
la prise en charge de la douleur et du confort.
Les directives anticipées ont un rôle essentiel : aider les professionnels de santé et les proches à prendre des décisions respectueuses de la volonté de la personne, dans des situations souvent complexes et chargées émotionnellement.
Un cadre légal précis et une démarche complémentaire à la personne de confiance
En France, les directives anticipées sont encadrées par la loi Claeys-Leonetti du 2 février 2016, qui renforce les droits des patients en fin de vie.
Le médecin est tenu de les respecter. Elles s’imposent à lui et priment sur les avis de la famille ou des proches, sauf dans deux situations :
en cas d’urgence vitale, le temps d’évaluer la situation médicale,
si les directives apparaissent manifestement inadaptées ou non conformes à l’état de santé, après une décision collégiale.
Il est important de distinguer les directives anticipées de la personne de confiance :
Les directives anticipées
sont un document écrit par la personne elle-même,
expriment clairement ses choix,
ont une valeur contraignante pour les médecins,
peuvent être modifiées ou annulées à tout moment.
La personne de confiance
est une personne désignée (proche, ami, conjoint),
accompagne le patient dans son parcours de soins,
est consultée si le patient ne peut plus s’exprimer,
transmet la volonté du patient, sans décider à sa place.
Rédiger ses directives anticipées, c’est avant tout se donner la possibilité d’être acteur de sa fin de vie, soulager ses proches et permettre aux soignants d’agir dans un cadre clair et respectueux de la volonté de chacun.
Pourquoi rédiger ses directives anticipées dès aujourd’hui ?
Rédiger ses directives anticipées ne concerne pas uniquement les personnes âgées ou gravement malades. Un accident, une maladie imprévue ou une situation médicale aiguë peuvent survenir à tout âge. Anticiper, c’est donc se protéger et protéger ses proches, en évitant les décisions prises dans l’urgence ou l’incertitude.
La CPTS des Bauges a donc créé un document-modèle permettant de faciliter la rédaction des directives anticipées. Ce petit carnet est disponible dans les différents lieux de soins sur le massif des Bauges comme au cabinet de l’orée à Bellecombe en Bauges ou à la Maison Médicale de lescheraines.
Les directives anticipées permettent notamment de :
faire respecter ses valeurs, ses convictions et sa vision de la qualité de vie,
rester acteur de ses choix médicaux, même lorsque l’on ne peut plus s’exprimer,
soulager ses proches, souvent confrontés à des décisions lourdes et émotionnellement difficiles,
faciliter le travail des professionnels de santé en leur donnant un cadre clair et précis,
éviter les conflits ou les incompréhensions entre la famille et l’équipe soignante.
Ce document peut être rédigé simplement, sans vocabulaire médical complexe, et évoluer dans le temps. Il est possible de le modifier ou de l’annuler à tout moment, en fonction de son âge, de son état de santé ou de l’évolution de ses réflexions personnelles.

